Pourquoi écrire son histoire ?

S’écrire, c’est aussi écrire les autres, se mettre en miroir en ajoutant à notre reflet les visages de nos proches.
POURQUOI ÉCRIRE SON HISTOIRE ?

C’est se raconter pour sentir qu’on a existé, se situer en tant qu’un(e) parmi les autres tout en se distanciant de cette appartenance. Les souvenirs autobiographiques sont des souvenirs sociaux car notre monde intime est structuré par l’extérieur.

C’est aussi inscrire son histoire dans une autre plus vaste, celle de sa famille, de la société, de son pays, de l’histoire du monde.

On revisite son vécu, du moins la sensation d’un vécu personnel à un instant T. Dans l’après-coup, il est plus facile de se distancier, de prendre en compte les autres et peut-être de les comprendre voire leur pardonner. C’est comme si on pouvait revivre sa vie une deuxième fois virtuellement comme dans les jeux vidéo où la mort n’existe pas, on appuie sur le bouton « « try again » et on se remet au centre de l’intrigue.

On a échoué ou gagné parfois dans les batailles de notre vie et le récit de soi nous donne la possibilité de compiler tous ces jeux de nos je, les revisiter par le prisme de notre choix.

Pouvoir se les représenter à nouveau, devenir le personnage principal d’une histoire dans laquelle on s’est peut-être senti parfois secondaire offre cette chance de sortir des coulisses et de se mettre dans la lumière. Enfin sur le devant de la scène ! Même si je ne suis pas une star, j’y ai droit, car mon histoire est unique et mérite son écho dans le temps. Reprendre sa parole en mains, sentir que notre voix porte et surtout que cette fois, on sera écouté, entendu par nos futurs lecteurs. Peut-être pour certaines personnes, le premier bienfait est là.

une vie en prose

L’écrit devient trace, un marquage de soi comme un tatouage visible dans le flot invisible de la vie. Il vient faire sens, rassembler les pièces du puzzle éparpillées.

Je pense à une dame qui a légué en héritage son récit de vie à ses proches dont elle ne se sentait pas écoutée, aux yeux desquels elle se sentait invisible. Elle a pu rédiger une épitaphe longue et se dire par elle-m’aime. Alors osons évoquer l’amour car n’est-ce pas se donner de l’amour, que de réussir à se raconter ?

Car oui, se redonner de la visibilité est une preuve d’amour de soi. Dérouler le fil de son existence permet de déposer les douleurs, de s’en délester. Le récit met en lumière des moments heureux qui viennent compenser les moments de chagrin, comme le souvenir des réussites compense celui des échecs.

Cette question de laisser une trace de soi éternelle de notre passage m’a toujours obsédée.  Et si créer cette capsule intemporelle était une belle manière de prolonger la vie ?

Alors, allons-y, je vous accompagne au mieux vers « il était une fois VOUS. »